Dernier né “Live” des Grands Classiques Disney, La Belle et la Bête n’est pas vraiment une nouvelle adaptation du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, mais plutôt une relecture du dessin animé Disney d’origine…
Mais avant de vous en dire plus, on commence, comme d’habitude par le synopsis :

Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

Il était une fois, dans un royaume lointain appelé la Californie (Burbank pour être plus précis), un grand studio de cinéma décida de revenir à ses « propriétés » les plus lucratives et d’en ré imaginer une dans une nouvelle version (Alice in Wonderland). Et même si les critiques trouvèrent le résultat affligeant, le public s’y rua en nombre et transforma l’expérience en succès. Et du jour au lendemain, le studio lança un grand nombre de projets pour faire la même chose sur les autres « Grands Classiques » de leur répertoire. Et à chaque fois, la recette fonctionna en termes d’audience, et parfois même, les critiques s’alignèrent (pour le très bon « Livre de la Jungle » notamment).

« La Belle et la Bête » de Bill Condon, avec Emma Watson en Belle, est donc la dernière des adaptations « Live » de Disney. Pour le moment, nous avons eu droit à Alice In Wonderland (et sa suite), Cendrillon, et le Livre de la Jungle. Pour autant, cette fois-ci, le défi est supérieur, car pour ces derniers, les dessins animés étaient anciens, alors que La Belle et la Bête ne date que de 25 ans ; ce qui lui permet d’être encore dans les mémoires (de surcroit, la comédie musicale à continuer à tourner avec la même esthétique et les mêmes chansons). Le film est de plus considéré comme un des hauts faits de Disney en termes d’animation. Il a d’ailleurs été le premier film d’animation nommé aux oscars pour « Best Picture ».

Le film est donc un clone relativement frustrant du film d’origine – les mêmes chansons, le même script, et plus souvent qu’à son tour, les mêmes choix de plans – et remplace les moments un peu authentiques d’émotions par des hyperboles un peu trop soulignées. Les musiques les plus iconiques sont plus lentes car on y a ajouté des phrases supplémentaires, et l’action à l’écran est plus confuse car il s’y passe beaucoup trop de choses par moment. Pourtant, les scénaristes ont ajouté çà et là des informations supplémentaires sur les personnages, afin d’apporter de la profondeur. Et la plupart du temps, cela fonctionne plutôt bien. Mais il y a aussi des changements plus importants.

Par exemple, Belle est maintenant non seulement une lectrice assidue mais aussi, comme son père, une inventrice émérite. Mais elle est surtout clairement identifiée comme une personne qui est souvent seule et dans son monde. Gaston (Luke Evans) lui est toujours une brute sans cervelle, mais c’est parce que c’est un ancien combattant qui n’arrive pas à retrouver sa place. LeFou (Josh Gad) est toujours le fan ultime de Gaston, mais il a aussi des sentiments confus à son sujet. Vous avez compris la logique ? Il s’agit d’ajouter une dose d’histoire passée à tous les personnages du film. La Bête (Dan Stevens) a notamment une chanson pour lui tout seul, et elle se situe à un des moments clés du film. Je ne vais pas vous dévoiler le film donc je m’arrête là sur ce sujet.

Pour finir sur la recherche de « quelque-chose qui n’était pas là avant », cette nouvelle version de La Belle et la Bête reste dans la logique déjà relativement réussie de Cendrillon. Les plus jeunes découvriront cette « histoire éternelle » et les plus vieux revisiteront avec plaisir ce classique Disney. Et mine de rien, je crois bien que c’était le but !

La Belle et la Bête (Beauty And The Beast), de Bill Condon, c’est en salle le 22 Mars 2017.