Il en faut peu pour réussir un tour de force. Et à la sortie de l’avant première du Livre de la Jungle de Jon Favreau, c’est exactement ce que je me suis dit. Ce n’est pas juste une relecture du classique de Kipling, mais bien une petite révolution dans la manière dont les films de ce genre seront faits. Bref, on commence, comme d’habitude, par le synopsis :

Les aventures de Mowgli, un petit homme élevé dans la jungle par une famille de loups. Mais Mowgli n’est plus le bienvenu dans la jungle depuis que le redoutable tigre Shere Khan, qui porte les cicatrices des hommes, promet d’éliminer celui qu’il considère comme une menace. Poussé à abandonner le seul foyer qu’il ait jamais connu, Mowgli se lance dans un voyage captivant, à la découverte de soi, guidé par son mentor la panthère Bagheera et l’ours Baloo. Sur le chemin, Mowgli rencontre des créatures comme Kaa, un pyton à la voix séduisante et au regard hypnotique et le Roi Louie, qui tente de contraindre Mowgli à lui révéler le secret de la fleur rouge et insaisissable : le feu.

On va commencer par tout ce qui m’a plu… Le Livre de la jungle est certainement un des plus beaux films produits par Disney depuis bien longtemps. Les décors sont magnifiques et les éléments en images de synthèse (les animaux hein) sont tellement bien réussis que la frontière entre le réel et l’animé est définitivement floue. Si floue qu’on en oublie complètement ses effets. Evidemment, le casting y est pour beaucoup. Idris Elba notamment donne littéralement vie au tigre Shere khan, et Bill Murray se transforme en ours pour jouer Baloo. Ben Kingsley prête sa voix de sage à Bagheera.

Mais celui qui sort vraiment du lot, c’est le seul humain à l’écran… Neel Sethi, le jeune garçon qui porte sur ses épaules le plus grand poids. Mowgli est bien entendu la pièce centrale de cette histoire, mais Sethi est bien plus que cela. Le plaisir et le naturel qu’il insuffle dans chacune de ses scènes rendent le film encore plus crédible. Surtout que lors du tournage, il était souvent seul devant des fonds verts !

Cela me permet de revenir aux effets spéciaux. En utilisant massivement (et avec bonheur) des technologies très avancées, le film de Jon Favreau a forcément un ton beaucoup plus sombre que le film d’animation de 1967. Il en ressort l’impression que le film n’a pas été orienté pour les enfants. Pour autant, il reste suffisamment de rebondissements jouissifs pour que les enfants y trouvent leur compte. Et assez d’épaisseur pour que les adultes aussi.

Les passages qui ressortent le plus sont ceux où Mowgli et Baloo sont ensembles. Le cabotinage de Bill Murray y fait pour beaucoup, mais c’est la aussi que le film, à trop vouloir faire un clin d’œil au film d’animation, va trop loin. Le choix d’inclure deux chansons du film de 1967 est plus que discutable. « The Bare Necessities » (Il en faut peu pour être heureux) et « I wanna be like you » (Etre un homme comme vous) font une apparition dans le film. Et même si cela est plutôt bien amené, ça ne fonctionne pas. Si Bill Murray fait relativement bien fonctionner la chanson, ce passage est un peu absurde. Il n’y avait pas besoin de cela pour que le film soit réussi. Le second titre est encore plus bizarre. Déjà, il n’est pas vraiment chanté, mais parlé. Et Christopher Walken, aussi bon soit, n’arrive pas à rendre le passage réussi non plus.

Le Livre de la Jungle est un très bon film, drôle et tendre. Ce n’est pas le film du siècle, mais son utilisation magique des effets spéciaux et le casting en font un film à voir, et à revoir. Un bon film vous en donne pour votre argent pendant des heures, un grand film lui arrive à vous faire voyager dans un autre univers. Le film de Favreau n’est donc pas un bon film, c’est un grand film !

Le Livre de la Jungle, de Jon Favreau, c’est en salle le 13 avril.